Le marathon du Sahel : Faire émerger les meilleures startups du Sahel !

Le marathon du Sahel :
Faire émerger les meilleures startups du Sahel !

Lancé le 28 mars dernier, le Marathon du Sahel s’est fixé un objectif ambitieux : faire émerger les meilleures startups early stage de la région. Les entrepreneurs de 7 pays du Sahel s’affrontent pour devenir lauréats de cette compétition régionale entrepreneuriale.

A la clé, des formations pour se préparer à la recherche de financement, des prix allant jusqu’à 25 000€ et l’accès exclusif à un réseau de mentors et d’entrepreneurs expérimentés. Qui remportera le titre de Champion du Sahel ?

L’objectif : permettre à des startups africaines d’accéder à des investissements qui leur permettent vraiment de changer d’échelle.​

PROMOUVOIR LES CHAMPIONS DU SAHEL

Réunir les entrepreneurs les plus prometteurs du Sahel sur 42 jours, à travers sept pays. Voici le challenge que s’est fixé le Marathon du Sahel afin de faire émerger les champions de la région. Burkina Faso, Tchad, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger et Sénégal, les sept  pays ont sélectionné quatre à cinq compétiteurs nationaux qui ont été challengés et formés durant ces 42 jours, Les deux projets les plus aboutis représenteront leur pays lors de la finale régionale au Mali, en septembre prochain.

Financé par la Banque Mondiale et coordoné par l’incubateur Bond’Innov, le concours souhaite avant tout promouvoir l’entrepreneuriat auprès des jeunes de la région et renforcer les compétences des entrepreneurs pour favoriser l’émergence d’entreprises de croissance.

Si les concours de startups sont devenus légion sur le continent, la particularité du Marathon du Sahel réside dans la collaboration entre acteurs locaux et internationaux. Pour Mohamed Hamdi, Responsable commercial de la startup mauritanienne E-Lebne, “associer les incubateurs locaux et des acteurs internationaux a permis de réduire les barrières à la participation qu’on constate parfois dans ce type de programme. L’aspect décentralisé de la compétition a rendu l’information facilement accessible.”

LE MARATHON DU SAHEL : PLUS QU’UN CONCOURS DE STARTUPS

Au coeur du programme se trouve la mise en pratique par les entrepreneurs des différents aspects de leur idée d’affaire, un point souvent négligé par les programmes d’accompagnement. C’est ce que soulève Aminata Karamoko, Coordinatrice pour le Bond’Innov : “Notre expérience d’incubateur nous a permis de cibler le programme sur deux principales difficultés généralement rencontrées par les entrepreneurs incubés : le manque d’exécution de leur idée et des formations trop théoriques qui ne vont pas suffisamment en profondeur.”

Notre objectif : faire tester au maximum les entrepreneurs et mettre l’utilisateur au centre de leur projet.

Mariam Cissé participe à la compétition avec son entreprise Sanzara. Pour cette jeune diplômée malienne en architecture et entrepreneure passionnée depuis 2014, la valeur ajoutée du Marathon du Sahel réside dans l’accompagnement sur le terrain. “Depuis le début de la compétition, nous sommes suivis par un incubateur qui nous aide à développer nos idées, à les présenter autrement. C’est de ça dont les jeunes entrepreneurs ont besoin. Nous avons beau être persuadés que notre idée est la meilleure, la réalité c’est que nous ne sommes pas suffisamment préparés pour des compétitions de niveau international“.

La formation est en effet un point essentiel du Marathon du Sahel, qui vise à développer les compétences à l’entrepreneuriat des jeunes porteurs de projet participants. Ressources humaines, comptabilité et finance d’entreprise, logistique, communication, gestion, rédaction de business plan… ces thématiques sont abordées sous un format pratique via des focus groupes, des mises en situation ou encore du prototypage technique. Mohamed Hamdi en est convaincu, c’est l’accompagnement durant Marathon du Sahel qui a permi à sa startup, E-Lebne, d’être désignée lauréate du BCM FinTech Challenge organisé par la Banque Centrale de Mauritanie, parmis 111 projets. “Cela démontre à quel point le bootcamp du Marathon du Sahel nous a bien préparé et nous a donné une longueur d’avance sur nos compétiteurs.”

Issaka Maman Lourwana est Business Developer au sein de l’incubateur CIPMEN, le premier incubateur du Niger et Coordinateur National du Marathon. Il a participé à  mobiliser les acteurs de l’écosystème entrepreneurial local : “Pour une première édition, c’est une vraie réussite. Les entrepreneurs participants ont beaucoup apprécié le bootcamp de 42 jours. En général, les compétitions de startups sont beaucoup plus courtes, sur un modèle de startup weekend. On attend la seconde édition avec impatience !”

L’ENTREPRENEURIAT : UNE SOLUTION AUX DÉFIS DU SAHEL ?

Le Sahel fait face à d’importants enjeux sociétaux et environnementaux. La population est appelée à tripler d’ici 2050, le défi sécuritaire reste très présent et le changement climatique touche la région de plein fouet.  Face à ces défis, l’entrepreneuriat apparaît alors comme un levier de développement essentiel. Issaka Maman Lourwana a vu l’écosystème entrepreneurial se développer très rapidement ces dernières années : “Le Niger est un pays très jeune, la moyenne d’âge est de 15 ans. On voit ainsi naître énormément de startups portées par des jeunes, qui s’investissent davantage qu’avant dans l’entrepreneuriat”.

Soutenir le développement de nouvelles formes d’entrepreneuriat, innovantes et durables, devient une nécessité et les nouvelles technologies font figure d’accélérateur, comme en témoigne. Issaka Maman Lourwana : ”Les enjeux sont énormes, surtout le défi du changement climatique. Nous avons eu beaucoup de projet d’agriTech pour aider le système de production local à mieux s’adapter aux changements climatiques. On se focalise aussi beaucoup sur les énergies renouvelables, le Niger étant l’un des pays les plus ensoleillés au monde.”

Les entrepreneurs trouvent des solutions très concrètes qui répondent directement aux problèmes des populations.​

Mais pour que l’entrepreneuriat de croissance puisse jouer pleinement son rôle de créateur d’emploi, encore faut-il un environnement politique, réglementaire et financier favorable. Au cours de la coordination du Programme, Aminata Karamoko a ainsi pu constater les contrastes en termes d’accès au financement : “La problématique du financement n’est pas la même selon les écosystèmes. Il est important de faire émerger des business angels issus du continent, mais ils sont parfois difficiles à trouver dans certains pays”.

Soutenir l’entrepreneuriat, c’est aussi créer de nouveaux marchés, rendre les économies plus résilientes, imaginer et développer des solutions nouvelles pour compléter les politiques publiques, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, de la santé ou des énergies nouvelles. D’incontestables raisons qui font du Marathon du Sahel un programme à fort impact !